Biographie

Née à Paris au sein d’une famille encrée dans l’univers de la presse et de la mode, Vanessa Bellugeon n’a pas usurpé ses talents de styliste photo. Construisant dès l’origine sa carrière entre les Etats Unis et la France, elle apporte à chacune des deux cultures le caractère qui parfois lui fait défaut.

Lorsqu’on assiste à son premier défilé de mode –suivi de nombreux autres- dès son plus jeune âge, n’est-il pas légitime de vouloir poursuivre ses études dans l’une des meilleures écoles de création au monde ? Après un an d’université parisienne à la Sorbonne, Vanessa Bellugeon part donc pour New York étudier à Parsons. Diplômée en Design et Marketing dès 1998, elle poursuit sa formation en stage pour le magazine Visionaire. Durant un an et demi, elle y découvre une nouvelle réalité de terrain : entre photographes de mode de premier plan et recherche permanente de collaborations enrichissantes et de sponsors. C’est aussi à New York qu’elle décroche son premier travail : au département communication chez BCBG Max Azria ou elle reste une année.

Mais les gènes de la presse sont en elle. Aussi, lorsque l’entreprise contrôlée par sa famille exporte le concept du magazine Jalouse à New York, elle en devient naturellement la collaboratrice. Aux côtés du rédacteur en chef Stephen Todd, elle y développe un contenu éditorial américain, à la hauteur du magazine français.

En janvier 2002, elle rentre à Paris afin de gérer les productions Mode du magazine L’Officiel. La gestion des budgets avec les équipes créatives n’a plus aucun secret pour elle. C’est cependant en réalisant ses propres séries de mode en tant que styliste photo que son véritable talent se fait jour.

Inspirée par son expérience de terrain, mais aussi par les personnalités exceptionnelles de sa famille -sa grand-mère parisienne excentrique, amie des grands couturiers, sa mère également styliste photo puis rédactrice en chef de L’Officiel- Vanessa développe des qualités esthétiques particulières. Ouverte à l’air du temps le plus éclectique, elle respecte le style de quelques icones indémodables comme Romy Schneider avec son glamour sombre, Lauren Hutton et son élégance sportive ou Brook Shields à la sensualité mutine. Tout en les enrichissant des influences musicales de Madonna, Mikael Jackson, No Doubt, Daft Punk, Françoise Hardy, Blondie, etc. Le style ‘bohème 70’ d’Yves Saint Laurent ou la sophistication plus sexualisée d’Helmut Newton influencent également son travail.

Ses références cinématographiques sont également nombreuses : Faye Dunaway et Steve McQueen dans L’Affaire Thomas Crown, Michelle Pfeiffer dans Scarface, Sylvana Mangano dans Mort à Venise et Riz Amer ou Catherine Deneuve et David Bowie dans Les Prédateurs. Côté Art, son panthéon s’ouvre sur les nus de Lucien Clergue, les expériences avant-gardistes de Melvin Sokolsky et d’Erwin Blumenfeld, les couleurs sensuelles de Viviane Sassen. Les œuvres de Louise Bourgeois et de Cindy Sherman trouvent également de nombreux échos dans son travail. Côté Design, Le Corbusier, Charlotte Perriand ou Pierre Paulin (un ami de sa famille) sont les noms qu’elle cite le plus souvent.

Des influences que l’on retrouvent dans son stylisme photo au service de Beyoncé, de Katy Perry, de Lana Del Rey, de Georgia May Jagger ou de Suki Waterhouse. Entre autres. Un talent pointu qu’elle a également su adapter au profit d’entreprises plus commerciales comme L’Oréal, les Galeries Lafayette ou La Halle à travers campagnes de publicité et catalogues.

« Réaliser une bonne histoire de mode, déclare t’elle, c’est comme faire de la bonne cuisine : il faut avant tout de bons ingrédients. Un bon styliste est comme un grand chef ou un chef d’orchestre : il sait mettre de l’ordre dans le chaos apparent de la profusion ».

Sa citation préférée est également signée Lauren Hutton : « La mode c’est ce que les designers vous offre quatre fois par an. Le style, c’est ce que vous allez choisir ».